Samara Scott

Samara Scott

The Doldrums

Du 18 septembre 2020 au 23 mai 2021

Détail de l’exposition Belt and Road, Tramway, Glasgow, 2018

Le travail de Samara Scott tient de la peinture autant que de la sculpture. Toujours conçu in situ, en fonction du lieu qui l’accueille, il consiste généralement en une accumulation de matériaux solides ou liquides, produits (manufacturés ou biodégradables) le plus souvent issus de notre environnement quotidien (huile de cuisson, papier toilette, produits d’entretien, lait, éponges, bouts de moquettes, objets souvent cheap et kitsch…). La juxtaposition de ces matériaux et leur lente décomposition produit des effets de couleur et de matière d’autant plus saisissants que ses œuvres se déploient sur des surfaces monumentales. A leur sujet, Samara Scott parle de « natures mortes de la vanité ».

Elle se dit fascinée par la manière dont la technologie a modifié notre relation à l’environnement et plus intéressée par les matières fragiles, périssables, qui disent quelque chose de notre quotidien, ces matières auxquels nous prêtons trop peu attention alors qu’elles se trouvent partout autour de nous…

Si son propos ne me semble pas ouvertement critique, c’est évidemment un travail qui conduit à s’interroger sur notre hyperconsumérisme et notre relation aux objets, et sur toutes les problématiques environnementales qui s’y rattachent.

Au CAPC, l’artiste tendra une membrane transparente divisant horizontalement l’espace central du musée, formant un plafond de 1 000 m2 à hauteur des mezzanines surplombant la nef. Sur cette surface plane , elle réalisera une gigantesque composition « picturale », sorte de grand tableau matiériste coloré, à partir de matières plastiques, textiles, fluides et d’objets de rebut ou d’éléments en référence à l’ancienne fonction du bâtiment abritant le CAPC.

L’installation s’appréhendera par en-dessous comme par au-dessus, offrant ainsi aux visiteurs deux aspects très distincts d’une même œuvre. Vue d’en bas, l’œuvre sera lisse et ne livrera d’elle-même que son image : celle d’un ciel iridescent qui semble tour à tour flotter, se briser et fondre à mesure que l’on circule sous ce dernier ; ou celle d’une mer scintillante dans laquelle on est immergé et dont on essaie de rejoindre, à la nage, la surface, d’où filtrent les rayons du soleil. D’en haut, ce sera une autre histoire : la contemplation de la pièce depuis les mezzanines permettra de découvrir les déchets qui composent ce paysage du XXIe siècle et d’embrasser sa pleine « positivité toxique ».

Rien ne semble ici séparer la culture matérielle du monde digital et rien non plus ne distingue le sublime du sordide.

rdv/enseignants : mercredi 23 septembre à 14h

Document d’accompagnement pédagogique à télécharger

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