Le conseil de coopération : vecteur du bien vivre ensemble et du bien être ensemble, garant de réussite. Une expérimentation réussie au collège Gaston flament de Marcheprime

Malgré l’élaboration par les élèves de la charte du bien vivre ensemble, un travail collectif sur les règles de vie, la mise en place de la médiation par les pairs, la création du conseil de vie collégien, les actions du CESC, nous continuons à observer une augmentation de problèmes relationnels entre élèves liés à un mauvais usage des portables et des réseaux sociaux mais également à une habitude en récréations de comportements inciviques (moqueries, menaces, situations de harcèlements, incivilités, discriminations). Un nombre grandissant de collégiens connaissent des difficultés à se maîtriser, à se canaliser, à accepter les règles de vie en collectivité, dans le respect de chacun et à appliquer les consignes maintes fois explicitées. Malgré un entretien quotidien des locaux, des améliorations du cadre de vie  et des réparations immédiates effectuées par les agents, nous notons une persistance des dégradations. Les collégiens ne prennent pas forcément soin de leurs lieux de vie. C’est pourquoi, soucieux d’améliorer le climat scolaire de l’établissement, une équipe (CPE, professeurs d’EMC, professeurs d’EPS, Direction) s’est constituée de façon à faire acquérir différemment les compétences disciplinaires et psychosociales nécessaires à intégrer les habitudes du bien vivre ensemble. Ainsi le niveau 5ème a été ciblé ; c’est en effet le niveau où le plus de conflits ont été recensés l’année scolaire précédente.

Qu’est ce que le conseil de coopération ? Réunit autour de 4 professionnels  (2 professeurs, 1 CPE, 1 personnel de direction), ce groupe de travail a mis en place depuis le début de l’année scolaire (tous les 15 ou 21 jours) des séances avec chaque classe de 5ème afin que les élèves apprennent à mieux se connaître (définir ses points forts, ses points faibles, créer son propre blason), à mieux connaître ses camarades, accepter l’autre avec ses différences. En deuxième étape, il s’agissait de créer la cohésion du groupe en travaillant sur la confiance (jeux issus du théâtre d’improvisation) et sur le bien vivre ensemble (étude de la charte du bien vivre ensemble du collège). Enfin en étape 3 il a été décidé de mettre en place un projet au sein de la classe : aider une association à caractère humanitaire. La pédagogie du projet est mise en place, porteuse des compétences psychosociales à développer chez chacun des élèves des 5 classes. Ce sont les élèves qui ont choisi leurs projets : aider les personnes âgées, aider les personnes atteintes du cancer, les personnes sans abris, les handicapés et les enfants malades, en liaison avec des associations également choisies par les élèves. En fin de projet, les élèves effectuent une auto-évaluation des compétences acquises, partiellement acquises ou non acquises en cours d’année scolaire.

Ainsi est institué un temps de partage propice à la mise en oeuvre de projets dans lesquels l’esprit collectif, les principes démocratiques sont privilégiés au bénéfice de l’épanouissement personnel et scolaire de l’élève et d’une dynamique positive de classe. Depuis un an on constate au niveau de la vie scolaire, une nette diminution des conflits sur le niveau 5ème. Cela ne veut pas dire qu’il n’en existe plus, mais ils prennent moins d’ampleur et sont réglés au sein de la classe souvent par le professeur principal qui a bien sûr été impliqué au fur et à mesure dans les actions du conseil de coopération. Le climat scolaire s’est amélioré dans la cour de récréation : moins d’incivilités, de punitions, de sanctions… Le nombre de projets collectifs s’amplifie au sein de l’établissement et crée un début de culture d’établissement (se soucier de l’autre, pratique de la bienveillance, pédagogie du projet…).

Parallèlement à la réforme du collège, une habitude de travailler en équipe se met en place de la part des enseignants et adultes de l’établissement.