Nouvelle revue de l’éducation : Incubateur d’innovation et de recherches dans le champ de l’éducation

EDITORIAL

d’Alain Jaillet responsable de la Chaire Unesco

Le magazine de l’éducation  s’adresse aux professionnels, décideurs des politiques de l’éducation. Il est édité par la plateforme  TECHEDULAB de l’Université de  Cergy-Pontoise. Elle fonctionne comme un incubateur d’innovation et de recherches dans le champ de l’éducation. Tout en développant  des recherches, il s’agit de promouvoir et développer des chaires de recherche
et de valorisation qui s’inscrivent pleinement dans l’initiative d’excellence (I-Site) dont l’université de Cergy-Pontoise, membre fondateur de la Comue Université Paris- Seine, a été lauréate en février 2017. L’enjeu est d’étudier et de permettre de comprendre ce que sont les phénomènes éducatifs en mutation, de les faire comprendre afin de construire des conditions d’évolution. Le premier numéro s’intéresse aux programmes des candidats à l’élection présidentielle.
Que proposent-ils ? Comment le système éducatif va être impacté par la nouvelle configuration politique ? Si l’éducation est le lieu des réformes, et il n’est pas une majorité législative qui ne s’y attelle, c’est le lieu dans lequel elles s’absorbent sans vraiment colorer durablement les évolutions attendues. Sur le fond et la forme, à la lecture des programmes des candidats, il n’y a pas de changement profond du système attendu. L’École est le ciment, le creuset, l’unité de la nation, pour reprendre quelques-uns des poncifs que l’on va lire, et personne ne remet en cause un système. L’Education Nationale est la plus grosse administration de la République, et elle est toujours pilotée de façon centralisée dans des constructions démocratiques qui ne s’interrogent jamais. Tous les politiques veulent  faire croire qu’une école de la République  est la même qu’une autre école de la République. Pourtant, chacun sait que cela est faux. Jamais aucune élection ne sanctionne le décalage de plus en plus grand entre les résultats qu’elles produisent. Pour une part, parce que les citoyens aisés ont à disposition un système qui fonctionne très bien, qui sélectionne les meilleurs
dans une logique d’élitisme républicain convoqué-confisqué au profit de la continuité. Tous les rapports internationaux le démontrent.
Pour une autre part, parce que les citoyens en difficulté ont bien d’autres préoccupations quotidiennes plutôt que de s’élever contre un système qui ne garantit pas la promesse républicaine.
Pour les uns et les autres, l’éducation n’est pas un enjeu électoral. En conséquence, aucun élu ne sera battu pour cause de difficultés du système éducatif. En démocratie, l’élection et ses enjeux, devraient pourtant représenter cette dimension évaluative.
Le deuxième propos du magazine s’intéresse à l’architecture et l’environnement scolaire. Si l’éducation est nationale, les lois de décentralisation ont confié aux collectivités territoriales la charge et la responsabilité des bâtiments. A fond renversé par rapport au propos précédent, le niveau national a abandonné le terrain de la réflexion sur ce que l’architecture scolaire induit en terme de système éducatif.
Depuis décembre 2016, la Chaire «Transition : des espaces en transition à la transition des espaces» se positionne explicitement sur ce terrain pour réinvestir par la recherche des problématiques
qui ont été pendant des décennies au cœur de l’évolution du système éducatif, mais qui ne le sont plus.