Nov 27 2018

Classes coopératives : Ce que disent les élèves

Des classes coopératives voient le jour dans des collèges et lycées de l’enseignement public en France. Cette recherche s’intéresse à ce que pensent les élèves inscrits dans ces classes ». Sylvain Connac analyse une vingtaine d’entretiens réalisés dans 11 classes de deux collèges et d’un lycée sur l’organisation, l’aide et le travail en classe coopérative.  » Au regard des objectifs exprimés par les enseignants, l’analyse des propos de leurs élèves font apparaitre un investissement plus grand dans les tâches scolaires, des satisfactions reconnues à aider un ou une camarade, ainsi qu’une meilleure prise en compte, par l’organisation coopérative du travail, des différences interindividuelles présentes au sein d’un groupe. »

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/11/27112018Article636788998041870001.aspx

Nov 15 2018

Cartes interactives des expérimentations 2018-2019

Carte interactive des « expérimentations  » 2018-2019 pour le 1er degré

 

 

Carte interactive des « expérimentations  » 2018-2019 pour le 2nd degré

Nov 14 2018

Le réseau des accompagnateurs

Consultez la carte du réseau académique de l’accompagnement: http://u.osmfr.org/m/258192/

N’hésitez pas à contacter l’accompagnateur via l’adresse mail

L’accompagnateur de proximité est le relais du Cardie:  il  peut vous aider

  • soit pour monter un projet expérimental
  • soit pour établir un bilan d’étape de votre action en cours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Cardie propose un accompagnement pour faciliter l’élaboration d’un projet, sa mise en œuvre et son impact sur les élèves.  Les actions  débouchent sur la production de fiches pratiques via l’application Perceval et des fiches Innovathèque.

Des moyens en IMP du Fonds d’Incitation Académique à l’innovation ou FIA peuvent être accordés aux porteurs de projets pour le travail d’analyse d’impact, de mise au point d’outils et la production de ressources . Le travail devant élèves, la conduite et la coordination de projets sont du ressort de l’école ou de l’établissement.

L’accompagnement prend des formes différentes en fonction des besoins. Il vise à soutenir l’évaluation de l’impact de l’action. Les accompagnateurs sont issus de la formation, des corps d’inspection… Ils se placent aux côtés de l’équipe.

Une expérimentation validée lors de la commission qui suit l’appel à projet académique peut effectivement bénéficier d’un accompagnement

Si il s’agit d’une nouvelle expérimentation, l’accompagnement peut être  réalisé:

  • Soit par un représentant  des corps d’inspection
  • Soit par un membre du réseau académique de l’accompagnement « ami critique »
  • Soit par un partenaire CLEMI, DAAC, SCAIO,DANE…

S’ il s’agit d’une reconduction, l’accompagnement peut se faire à la demande de l’équipe auprès du CARDIE.

  1/ Objectifs de l’accompagnement :

  • Poursuivre l’engagement des équipes sur le terrain
  • Promouvoir le partage de pratiques et la diffusion des innovations pédagogiques et rassembler autant que possible les équipes autour d’un thème fédérateur.
  • Inciter les équipes à « écrire l’expérience » (mémoire, journal de bord, film, bilan intermédiaire, final, récits de séquences, fiches guides, notes d’entretiens, compte-rendu de synthèse etc.) …. vers la reconnaissance des pratiques professionnelles.

2/ La mission de l’accompagnateur :

  • Aide à la construction du projet
  • Aide à la construction de l’équipe et à sa dynamique,
  • Aide à l’analyse des pratiques
  • Aide à l’écriture
  • Ecoute active

3/ Préparer et structurer la visite

  • Récupérer le projet via Perceval
  • Lecture du projet afin de dégager la problématique
  • Consultation de la base expérithèque pour comparaison de projets. Les liens intéressants en liaison avec la thématique seront mémorisés pour communication aux praticiens porteurs du projet.
  • Consultation d’une base documentaire de lycée ou collège et consulter les notices des cahiers pédagogiques. La CARDIE est abonné aux cahiers pédagogiques version numérique.
  • Retour sur la fiche de projet pour une ébauche de questionnements en suivant la trame commune. Les questions doivent être posées avec bienveillance, sans générer de jugement de valeur.
  • Les résumés de livres documentaires fournis par le réseau des accompagnateurs peuvent-ils enrichir les questionnements pour faire évoluer les pratiques ? Revenir en utilisant la méthode spiralaire sur ces questions.
  • Préparer et rédiger la fiche de visite en respectant le plan suivant :
  • Constat, analyse de départ qui a motivé le projet, définition de la problématique
  • Contribution du projet à la réussite du projet d’établissement, effets attendus
  • Description de l’action
  • Sitographie et bibliographie
  • Calendrier à respecter (sans oublier de bien présenter les mercredis de l’innovation souvent ignorés des équipes d’enseignants).
  • Demande de formation de la part de l’équipe

Nov 05 2018

La pédagogie différenciée : cercle vicieux ou cercle vertueux. Les Boussoles de l’ESPE d’Aquitaine le mercredi 7 novembre 2018 de 17h30 à 18h30

L’ESPE d’Aquitaine vous convie à la deuxième conférence des Boussoles 2018-2019 :
La pédagogie différenciée :
cercle vicieux ou cercle vertueux
Mercredi 7 novembre
17h30 à 18h30
amphi Louise Michel
ESPE d’Aquitaine site de Gironde / Mérignac,
la conférence est consultable en direct en streaming : www.espe-aquitaine.fr
Face aux constats des difficultés d’apprentissage scolaire des élèves, tant les textes d’accompagnements qu’une certaine littérature préconisent le recours
à la pédagogie différenciée. Les  enseignants  y  sont  sensibles  et  pourtant  aucune  recherche  ne  peut  attester de l’efficacité d’une pédagogie différenciée en termes de lutte contre
les inégalités scolaires. Cette conférence propose une analyse critique de la conception de la différence et  des  pratiques  réelles  de  la  différenciation  pédagogique  pour  arriver  à  la
question centrale du malentendu socio didactique.
Quels  sont  les  enjeux  et  les  pratiques  de  la  différenciation  dans  nos  classes ?
Conférence débat avec :
Sabine Kahn, ancienne institutrice dans l’académie du Rhône, formatrice d’enseignants, chercheure puis professeure à l’Université Libre de Bruxelles.
Elle a travaillé particulièrement sur la question des compétences (enseignement et évaluation), la mise en place des cycles d’apprentissage et la pédagogie différenciée.
Conférence animée par Filippo Pirone, maître de conférences en sciences de l’éducation.

Oct 24 2018

Une mise en oeuvre remarquée du dispositif « DEVOIRS FAITS »avec un prix Impulsion au collège Olympe de Gouges à Montauban

Une démarche en ligne dans un collège de  Montauban qui a un fort potentiel et dont voici la présentation vidéo. 

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Présentation Devoirs Faits c’est fait lauréat AcToulouse

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Oct 22 2018

Quand les évaluations nationales font sens pour les enseignants. L’exemple de la Nouvelle-Zélande

October 14, 2018

La quête de plus d’évaluation pour améliorer l’information sur les résultats des élèves a généré deux sources de problèmes à l’échelle internationale : une surcharge physique, intellectuelle, et émotionnelle pour le travail quotidien dans les établissements scolaires et la découverte qu’il manquait des compétences aux

C’est la voie choisie par la Nouvelle-Zélande au début des années 2000 quand le pays a mis en œuvre un programme national (the National Education Monitoring Project) visant à identifier les tendances fortes des résultats des élèves pour informer les décideurs politiques et les éducateurs tout considérant qu’il était nécessaire de mieux relier la dimension formative et sommative des évaluations nationales. Le renforcement de la participation des enseignants et l’appropriation de ces évaluations ont été considérés par le ministère de l’éducation néo-zélandais comme un facteur important pour réussir la réforme avec l’idée qu’une action de développement professionnel pouvait accompagner la mise en œuvre des évaluations nationales. C’est la raison pour laquelle la formation et l’expérience professionnelle des enseignants ont été valorisées afin de promouvoir les meilleures pratiques, en redéfinissant non seulement les connaissances et les compétences à acquérir par les élèves, mais en diversifiant les méthodes d’évaluation puis en engageant les enseignants à administrer les tâches d’évaluation par eux-mêmes.

L’expérimentation nationale comprenait différents dispositifs visant à donner plus d’opportunités d’apprentissage professionnel aux enseignants afin qu’ils administrent les tâches d’évaluation (enseignants-administrateurs) et qu’ils évaluent les élèves (enseignants-évaluateurs). Approximativement 100 enseignants-administrateurs ont été engagés pour une période de 6 mois en recevant une formation et en travaillant de manière intensive avec au moins 60 élèves dans les établissements scolaires qui faisaient passer les évaluations nationales sur la base d’un échantillon représentatif.  Pour ces enseignants, l’expérimentation comprenait :

  • Une semaine de formation intensive à travers laquelle les enseignants étaient informés sur leur rôle d’administrateur des tâches d’évaluation, et où on leur montrait comment utiliser la vidéo et d’autres types évaluation grâce à des techniques d’enregistrement. L’objectif premier était de s’assurer que les enseignants soient capables d’administrer ces évaluations avec précision et de manière standardisée

  • Des partenariats par lesquels des duos d’enseignants travaillaient en commun dans chaque établissement pour évaluer 12 élèves sur une période d’une semaine, afin de fournir un soutien collégial aux autres collègues

  • L’accompagnement de l’expérimentation par l’équipe pilote en continu pour répondre aux questions, faire face aux problèmes techniques, et au manque de ressources

  • Un travail de proximité avec les élèves en utilisant des approches variées de l’évaluation (entretiens individuels, en groupe, activités pratiques). 4 était le nombre maximum d’élèves avec lesquels un enseignant devait travailler

  • La visite de différents établissements. Chaque duo d’enseignants visitait plusieurs établissements pour s’assurer de la bonne administration des évaluations nationales

  • Les enseignants administrateurs étaient dégagés de leur responsabilité pédagogique en classe pour pouvoir s’engager sur une période de 6 semaines

  • L’expérimentation mettait en œuvre une grande diversité de tâches d’évaluation qui étaient présentées aux enseignants afin de promouvoir des pratiques innovantes mais adaptées au contexte de la classe

Pour les enseignants évaluateurs, l’expérience fut plus limitée mais comprenait :

  • Une formation intensive d’une à deux semaines sur les pratiques de notation et d’évaluation (travail sur les critères et le jugement professionnel) afin de rechercher un consensus dans les pratiques effectives

  • La sensibilisation à différentes pratiques d’évaluation et une variété d’approches avec des supports vidéo ou écrits des tâches réalisées par les élèves et évaluées

Après l’expérimentation, il a été prouvé que les enseignants-administrateurs comme les enseignants-évaluateurs avaient développer plus d’idées sur les processus d’évaluation et sur la façon dont les élèves passaient les évaluations dans différents contextes. Pour les deux groupes, les interactions entre collègues étaient jugées plus importantes que la discussion des questions proprement techniques (critères, procédures, résultats), et elles ont contribué à améliorer l’intérêt et la compréhension des évaluations nationales par les enseignants notamment pour leur propre enseignement. Les enseignants ont été également plus sensibles aux écarts de résultats entre élèves et au rôle des critères d’évaluation comme du jugement de l’enseignant sur le comportement des élèves. Cela fut vécu globalement comme une bonne expérience de développement professionnel laquelle a permis de :

  • Renforcer le sens du professionnalisme et l’expertise des enseignants sur l’évaluation dans des pratiques réelles

  • Donner du sens à l’engagement intellectuel, social et émotionnel des enseignants en travaillant sur des idées et des matériaux avec des collègues tout en partageant et échangeant sur les pratiques

  • Développer des compétences nouvelles sur l’évaluation

  • Offrir de meilleures conditions d’analyse du travail des élèves et des possibilités d’accompagnement en termes d’apprentissage dans la classe.

Source : https://www.cfcpe-edu.org/quand-les-evaluations-nationales-font-sens-pour-les-enseignants-lexemple-de-la-nouvelle-zelande

Tags:

Evaluations nationales

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Développement professionnel

Oct 02 2018

L’appel national à projets est lancé ! La journée nationale de l’innovation aura lieu le 3 avril 2019 à Paris

L’appel national à projets  s’adresse à tous les personnels enseignants, de vie scolaire et de direction des écoles du premier degré et des établissements du second degré ; il concerne aussi les réseaux d’équipes ou les dispositifs innovants, coordonnés au niveau d’une circonscription, d’un département, ou d’une académie.

Les six domaines suivants seront privilégiés pour l’année 2018-2019 :

  1. Consolidation des apprentissages fondamentaux ;
  2. Parcours scolaires: liaisons/ruptures, persévérance et continuité;
  3. Lutte contre les inégalités ;
  4. Architecture et aménagement de l’espace scolaire ;
  5. Réseaux et territoires apprenants ;
  6. Mutation de l’enseignement professionnel et technologique.

Dans chaque domaine, des approches transversales seront particulièrement recherchées et valorisées : l’intégration du numérique, les pratiques en éducation prioritaire, les collaborations avec la recherche et le travail en partenariat.

Faites connaitre votre candidature en envoyant un mail à : cardie@ac-bordeaux.fr

Oct 02 2018

Appel à projet LéA 2019

Le réseau des lieux d’éducation associés à l’IFÉ lance un appel à projets pour la rentrée 2019. Les équipes constituées de praticiens et chercheurs qui souhaitent collaborer, peuvent proposer une candidature avant le 27 février 2019.

pour rappel :

Le réseau des LéA est l’espace de vie des Lieux d’Education Associés à l’Institut Français de l’Education (IFE). Porté par une question de recherche, des acteurs de terrain et une équipe de chercheurs, chaque lieu apporte sa pierre à l’édifice de la refondation de nos manières d’apprendre et d’enseigner. Ce carnet est donc est un espace de travail collaboratif pour mettre en commun des hypothèses, réfléchir sur les pratiques, valoriser des expérimentations innovantes et partager les ressources produites par ces interactions inédites entre chercheurs et enseignants.

pour télécharger cliquer sur

LeA – Appel a projet 2019

LeA – Dossier de candidature 2019-2022

Pour toute information complémentaire :

– consulter le blog des LéA
– consulter le site des LéA
– demander des renseignements à l’adresse suivante lea.ife@ens-lyon.fr

Devenir un LéA

Pourquoi ?
Si votre lieu d’éducation porte des questionnements sur des enjeux d’apprentissage, d’enseignement et/ou d’éducation, et que vous souhaitez engager une collaboration avec l’IFÉ pour y répondre, vous pouvez rejoindre le réseau des LéA. Il s’agit d’associer sur la durée, chercheurs, acteurs (enseignants, formateurs, éducateurs, animateurs…) et pilotes des lieux d’éducation, pour penser et mettre à l’épreuve des réponses.

Pour construire des LéA réellement inscrits dans le système éducatif local et dont les résultats seront mobilisables par des acteurs de l’éducation, l’implication des institutions éducatives et de formation locales (ESPE, équipe de circonscription, direction académique des services départementaux de l’Éducation nationale, direction régionale du ministère de l’agriculture, conseiller académique « recherche, développement, innovation et expérimentation (Cardie), corps d’inspection, etc.), et des collectivités territoriales contribuant au développement du lieu doit être envisagée dès le montage du projet.

Un projet de LéA peut émaner d’un lieu d’éducation désireux de collaborer avec des chercheurs, de chercheurs désireux de collaborer avec un lieu d’éducation, ou d’une association entre chercheurs et lieu d’éducation déjà constituée. Si un lieu d’éducation qui souhaite rejoindre le réseau des LéA n’est pas déjà en lien avec un laboratoire, l’IFÉ tentera de le mettre en contact avec des chercheurs intéressés pour construire un projet.

Comment ?

Télécharger l’appel à projet 2019 et le dossier de candidature 2019

Pour rejoindre le réseau, vous pouvez répondre à l‘appel à projets LéA 2019 en complétant un dossier de candidature détaillé, qui présentera votre projet dans ses aspects scientifiques, de diffusion et production de ressources pour le système éducatif, ainsi que dans ses aspects administratifs.

La rédaction du dossier de candidature demande un travail collaboratif qui doit être suffisamment anticipé. En effet, la participation des personnels de direction du lieu candidat est nécessaire et un avis du Cardie (pour les lieux scolaires) est demandé. Les dossiers sont attendus pour le 27 février 2019. Seuls ceux qui associent des praticiens et des chercheurs seront examinés.

Un LéA se constitue pour une durée contractuelle de 3 ans. Il peut être renouvelé pour une seconde période de 3 ans (ou moins), par dépôt d’un nouveau dossier de candidature.

Pour les années à venir, le réseau des LéA limitera sa taille à environ 35 lieux d’éducation associés. Chaque année, le nombre de renouvellements et d’entrées dans le réseau correspond approximativement au nombre de LéA ayant terminé leur projet. En 2018-2019, le réseau est constitué de 34 LéA dont 11 sont en troisième année, 1 en fin de période de renouvellement. Une douzaine de projets (nouveaux LéA et renouvellements de LéA existants) pourront ainsi être retenus par la commission de sélection pour la rentrée 2019. Les nouveaux LéA seront invités à la 9e rencontre nationale qui se déroulera les 21 et 22 mai à Lyon. L’entrée dans le réseau se fera en septembre 2019, pour une durée de 3 ans.

Constituée de membres du comité scientifique des LéA et de partenaires du réseau, la commission de sélection porte son attention sur la richesse et la précision du questionnement et du projet, les modalités de collaboration avec les acteurs du terrain, le lien entre le laboratoire impliqué et l’IFÉ-ENS de Lyon, l’articulation avec les thématiques proposées dans l’appel à projet, l’engagement de tous les partenaires dans la durée, et l’implication des divers acteurs du lieu d’éducation (chef d’établissement, personnels enseignants, autres personnels…). Les liens du projet avec la formation, en particulier les ESPE, et la production de ressources pour l’éducation sont également envisagés.

Sep 19 2018

« Notre système d’orientation cristallise les inégalités” Interview de Marie Duru-Bellat, marraine de la Journée du refus de l’échec scolaire

CLIQUEZ ICI  pour vous inscrire au grand débat public de la Journée du refus de l’échec scolaire à Paris (à La Bellevilloise).

Ci dessous un Article du LAB’Afev   Education, JRES 2018, News

Marie Duru-Bellat, vous êtes sociologue de l’éducation, vous avez travaillé sur les mécanismes de l’orientation tout en étant précédemment conseillère d’orientation, comment définiriez-vous les spécificités de notre système d’orientation?

On peut souligner deux caractéristiques majeures. Il est très institutionnalisé, cadré par des règles relativement précises et mis en musique par des professionnels spécialisés, ce qui pourrait permettre un pilotage spécifique (une organisation précise et actualisée de la diffusion de l’information sur les métiers par exemple, ou encore une explicitation claire des droits des jeunes et des familles). Ce qui n’est pas toujours le cas…

Mais il est aussi très surdéterminé par le contexte global de l’emploi en France : un chômage des jeunes très marqué, un principe « adéquationniste » fort (à chaque emploi est censée correspondre une formation et vice versa), et un climat général de relatif pessimisme par rapport à l’avenir. Du même coup, les élèves abordent leur formation de manière souvent très utilitariste (on pense aux débouchés davantage, parfois, qu’à ses goûts), et très angoissée, car on sait que l’insertion professionnelle sera plus ou moins difficile selon les filières, et qu’on pense que le premier métier sera celui de toute une vie.

En quoi notre système d’orientation cristallise-t-il les inégalités?

Il cristallise les inégalités d’une part parce qu’il donne un poids essentiel à la réussite scolaire telle qu’évaluée par les notes ; or dans notre pays, la réussite des élèves est particulièrement marquée par leur milieu social d’origine, sans compter les imperfections de la notation elle-même. Alors que les différents itinéraires scolaires sont hiérarchisés aux yeux des enseignants et des élèves, on choisit d’autant plus facilement les « meilleures filières » (celles qui donnent accès aux emplois les plus attractifs) que l’on est un bon élève, alors que ceux qui ont plus de difficultés sont relégués dans les voies (et les métiers) dont personne ne veut (et où il y a de la place).

Mais notre système cristallise aussi les inégalités parce qu’il donne, officiellement du moins, beaucoup de poids aux voeux des élèves et de leurs familles : or ces vœux sont très inégalement ambitieux et informés. C’est un constat que l’on fait dans la plupart des pays européens : dans les inégalités sociales de cursus scolaires, les inégalités tenant spécifiquement à l’orientation comptent pratiquement autant que les inégalités liées à la réussite scolaire. Peut-être faudrait-il parfois, paradoxalement, donner moins de poids aux familles et/ou que l’institution les conseille plus précisément, pour contrer l’autos-élection que pratiquent systématiquement les familles les plus éloignées de l’école.

De quels exemples internationaux pourrait s’inspirer la France ?

Ce qui pourrait atténuer le caractère « dramatique » de l’orientation, ce serait avant tout que les jeunes n’aient pas le sentiment de jouer leur vie sur un « choix » scolaire, donc que des réorientations, des passerelles et des retours en formation soient à tout instant possibles. C’est à mes yeux le point essentiel. Mais il est clair que si tous les jeunes partaient dans la vie avec un bagage scolaire de bon niveau et moins inégal, cela faciliterait les choses.

Après, si nous donnions moins d’importance aux diplômes, comme certains pays voisins, alors là encore, l’orientation serait vécue de manière moins dramatique. Alors que nous pensons, en France, qu’il est juste de répartir les « places » dans la société sur la base des diplômes –parce que ceux-ci exprimeraient la valeur, le mérite, les compétences, des personnes-, on voit bien que tant que les diplômes seront aussi inégalement possédés par les uns et par les autres –pour des raisons dont l’école est elle-même responsable-, donner un poids important aux diplômes fige les inégalités. Mais cette idée, que nourrissent les comparaisons internationales[1], apparaît relativement paradoxale en France.

 

Pour cette 11e édition, la Journée du refus de l’échec scolaire explore le thème de l’orientation. CLIQUEZ ICI pour télécharger le document de présentation.

 

[1]Voir « Les sociétés et leur école » (2010) et « 10 propositions pour changer d’école »(2015), F.Dubet et M.Duru-Bellat (Seuil).

Sep 11 2018

Expérithèque devient Innovathèque

La transition entre Expérithèque et le nouvel Innovathèque est bientôt effective!

La base actuelle « Expérithèque » devait évoluer et cette transition vers  » Innovathèque » est en cours  :

« Innovathèque » deviendra la  bibliothèque nationale  et permettra de recenser  les projets innovants et expérimentaux mis en œuvre dans les écoles et les établissements scolaires, afin d’élaborer divers outils thématiques d’information, d’analyse, de pilotage et d’évaluation.

L’application  n’est pas uniquement utilisée à des fins de communication et de valorisation. L’ensemble des informations récoltées sur les projets innovants et expérimentaux fournit également un matériau utile aux recherches et aux réflexions conduites sur le fonctionnement du service public de l’Éducation et sur sa capacité à atteindre les objectifs qui lui ont été assignés, soit garantir à chacun la possibilité de « développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle [et] d’exercer sa citoyenneté » (Art. L. 111-1 du Code de l’Éducation).

L’accès  à la  rédaction des fiches « expérithèque »  est momentanément fermé mais  la base reste consultable http://eduscol.education.fr/experitheque/carte.php

Dans l’attente de la disponibilité d’Innovathèque (ouvert pour la saisie le 24 septembre au plus tard), nous vous proposons de remplir un fichier word dont le contenu est identique au formulaire de saisie et de le communiquer à la mission cardie (cardie@ac-bordeaux.fr)

A plusieurs reprises dans la fiche apparaît la case « c’est innovant », concernant le dispositif, le lieu ou les acteurs de l’innovation décrite. Vous pouvez ainsi renseigner dans ce document toutes les informations attendues. Il vous faudra ensuite, dès qu’ Innovathèque sera ouverte, renseigner les rubriques directement en ligne.

Il  suffira alors de faire des copier-coller des différentes parties que vous aurez rédigées dans le document word ci-joint :

Innovatheque modele fiche VF

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